Critique de “Contre la nuit” sur le site Terre à ciel

Une très belle critique de mon dernier recueil, “Contre la nuit” par Cécile Guivarch sur le passionnant et très riche site dédié à la poésie contemporaine Terre à ciel :

“D’une écriture inventive et dynamique, Stéphane Bataillon nous invite à nous rendre dans un pays mais « pour l’atteindre / il y a un gouffre à franchir ». Il passe du vers à la prose, réinvente son écriture à chaque poème. Parfois lecture verticale. Parfois silences ou typographie sans modération. Mais si la forme est changeante, cela évoque la vitesse à laquelle va notre monde. Ainsi, « Nous Tchik Tchik Tchik / nous Tchak Tchak Tchak », les grandes villes que l’on quitte à la hâte. Déménager de Paris à Montreuil. L’importance des lieux et ce qu’ils renferment. La possibilité de vivre ici en même temps que la contrainte de s’accommoder à un lieu. La terreur dans le monde et comme nous parvenons à continuer d’y vivre : « voir nos amis, nous embrasser, parler à notre fils, l’embrasser. Respirer. Mais sentir que ça grouille. » Lorsque cela grouille de trop, les mots deviennent plus silencieux. Passent de la prose au vers. « Les mots n’ont plus lieu d’être », surtout lorsque « je ne sais pas comment on fait la guerre » et que l’enfant en soi est encore si présent.
« Tu me demandes dans combien de jours nous allons mourir. Et si change de couleur, et si ça pourrit, quelqu’un qui meurt ».

La vitesse de la numérisation, cette révolution qui influe sur nos façons d’être :
« Tu post. Tu tweet. Tu poke. Tu follow. Tu like. »
L’importance de l’image avec les réseaux sociaux qui conduit à une baisse de l’estime de soi. Comme tout cela va vite. Ainsi suspendre la fuite : aller vers un monde hors connexion, avec ce gouffre à franchir. Nous portons dans le même temps les blessures de nos aïeux, mais peut-être que l’enjeu est de devenir « PLUS GRAND QUE TOUS CEUX QUI ÉTAIENT AVANT MOI ».

Ils ont posé une bombe. Elle a explosé. Pas écrire. Voir nos amis, nous embrasser, parler à notre fils, l’embrasser. Respirer. Mais sentir que ça grouille. Que ça se réveille. Ne pas se détourner. Eviter que nos monstres ne remontent. Par la tuyauterie des salles de bains, par l’embouchure des fleuves, par le fond des sept mers. Eviter l’inondation.

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